## Teshuvot HaRivash Teshuva 158

###### Teshuvot HaRivash 158:1
[Teshuvot HaRivash 158:1](https://torahapp.org/share/book/Teshuvot%20HaRivash/r/158:1)

**עוד** שאלת להודיעך על מנהג רע שעושין בארץ ההיא לצאת לבית החיים בקר כל שבעה ימי אבלות כל מחוייב אבלות כזולתו ולקחו זה המנהג מהישמעאלים ואמרת להם שהוא אסור:

**[fr]:**
Tu as encore demandé à être informé au sujet d’une mauvaise coutume pratiquée dans ce pays : les personnes astreintes au deuil sortent chaque matin, pendant les sept jours de deuil, au cimetière, tout comme les autres endeuillés. Ils ont pris cette coutume des Ismaélites, et tu leur as dit que cela est interdit.


###### Teshuvot HaRivash 158:2
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**תשובה** אף אם אמרו ז"ל שהאבל שבת ראשונה אינו יוצא מפתח ביתו שניה יוצא ואינו יושב במקומו כמש"כ זה בהלכות הרי"ף ז"ל בפ' ואלו מגלחין וכן הרמב"ם ז"ל (פ' ז' מהלכות אבל) נראה דאפי' לבית הכנסת אינו יוצא בשבת ראשונה מדקאמר דבשבת שניה יוצא ואינו יושב במקומו דאי בשוק מאי יושב במקומו איכא דאלמא בשבת ראשונה אף לבית הכנסת אינו יוצא וכן דקדק הרמב"ן ז"ל בספר תורת האדם מ"מ יש מנהגות חלוקים בארצות בזה כי בכל קטלוני"א אין נשמרין מזה זולתי בחול שמתפללין בבית האבל אבל ביום השבת שחרית הולך לבית הכנסת כיון שאין אבלות בשבת ואינו יושב במקומו כ"כ רבינו האיי גאון ורש"י ושבת ראשונ' פירוש שבוע וכן נהגו בזאת העיר ויש נוהגין שלא לצאת לבית הכנסת בשבת ראשונה אפילו ביום השבת כמו שידעת מנהג בלנסי"אה והרמב"ן ז"ל הביא ראיה לדעת רבינו האיי ז"ל מהגדה שבפרקי רבי אליעזר כמו שכתב בארוכה בספרו וכתב בסוף דבריו הרי הרוחנו בזה הענין אע"פ שראוי לקצר מפני המנהגות המשתנים בכך ובסרקסט' נוהגים האבלים כל שבעה אפי' בשבת ראשונה ובימות החול ללכת לבית הכנסת שחרית וערבית ואחר התפלה כשחוזרין לבתיהם עם רוב הקהל המלוים אותם בכניסת החצר המקוננת מעוררת לויתה ומתופפת בתוף שבידה והנשים סופדות ומכות כף אל כף וכיון שעושין זה לכבוד המת אין לבטל מנהגם וכן יש לומר במנהג עירכם כיון שאין הולכים לשוק לעסקיהם אלא שהולכין לבית החיים אם לספוד על המת או לאמר עליו ניחות נפשא אין לבטל מנהגם כיון שהוא לכבוד המת שהרי אפי' להלין את מתו שהוא אסור בלא תעשה מן התורה אם הלינו לכבודו מותר ואם מפני שעושין כן הישמעאלים אין זו חוקה שיהא אסור משום ובחוקותיהם לא תלכו כדאמרינן בפ"ק דע"ז (יא.) שורפין על המלכים ואין בו משום דרכי האמורי ומפרש התם דשרפה לאו חוקה היא אלא חשיבותא וכן שורפין על הנשיאים מטתן וכלי תשמישן ואע"פ שגם העובדי כוכבים עושין כן לא נאסר משום דרכי האמורי שאם באנו לומר כן נאסור ההספד מפני שהעובדי כוכבים ג"כ מספידין ואע"פ ששנו בתוספתא בסנהדרין כשם ששורפין על המלכים כך שורפין על הנשיאים אבל לא על ההדיוטות כבר פירש הרמב"ן ז"ל הטעם בספרו משום דאיכא יוהרא והשחתה וכבר בקשתי ממך כמה פעמים לבל תדקדק לשנות מנהגיהם בדברים כאלה אם תרצה לעמוד עמהם בשלום ועוד שלא יקבלו זה משום אדם ואפי' בדבר שהוא אסור גמור כל שאין מקבלין אמרו ז"ל (שבת קמח:) מוטב יהו שוגגין ואל יהו מזידין:

**[fr]:**
Réponse : Même si nos Sages ont dit que le deuilé ne sort pas de chez lui pendant le premier Shabbat, et que le second Shabbat il sort mais ne s’assied pas à sa place, comme cela est écrit dans les lois du Rif dans le chapitre Véélou Megalḥin, et de même le Rambam (chap. 7 des lois du deuil), il semble que même à la synagogue il ne sort pas durant le premier Shabbat, puisque le Rambam dit qu’au second Shabbat il sort mais ne s’assied pas à sa place — or, s’il s’agissait du marché, qu’est-ce que "ne pas s’asseoir à sa place" viendrait signifier ? Il ressort donc que même à la synagogue il ne sort pas le premier Shabbat. C’est aussi ce qu’a relevé avec précision le Ramban dans son Torat HaAdam. Malgré cela, les coutumes varient selon les pays : dans toute la Catalogne, on ne respecte cette rigueur que durant la semaine, où l’on prie à la maison du deuil, mais le jour du Shabbat, on va à la synagogue pour la prière du matin, car il n’y a pas de deuil en Shabbat. Toutefois, on ne s’assied pas à sa place. C’est ce qu’écrivirent Rabbénou Haï Gaon et Rachi, et "le premier Shabbat" signifie : la première semaine. C’est ainsi que l’on agit dans cette ville. Et il y en a qui ont pour coutume de ne pas sortir à la synagogue même le premier Shabbat, comme tu le sais, c’est l’usage de Valence. Le Ramban a apporté une preuve à l’opinion de Rabbénou Haï à partir de l’agada des Pirkei deRabbi Eliezer, comme il l’a écrit en longueur dans son ouvrage, et il conclut en disant que nous avons été éclairés à ce sujet, même s’il convient de rester bref étant donné la variabilité des coutumes sur ce point. Et à Saragosse, les endeuillés ont pour usage pendant toute la semaine, même le premier Shabbat et les jours de semaine, d’aller à la synagogue pour les prières du matin et du soir, et après la prière, quand ils retournent chez eux, la majorité du public les accompagne jusqu’à l’entrée de la cour, où une pleureuse éveille le deuil avec son tambour, et les femmes pleurent et frappent des mains. Et puisque cela se fait pour honorer le défunt, il ne faut pas annuler cette coutume. De même peut-on dire de la coutume de votre ville : puisqu’ils ne sortent pas au marché pour leurs affaires, mais vont seulement au cimetière, soit pour faire une oraison funèbre, soit pour dire nichoḥ nafsha ("repos de son âme"), il n’y a pas à annuler leur coutume, puisqu’elle vise l’honneur du défunt. Car même le fait de laisser un mort sans sépulture, qui est interdit par un commandement négatif de la Torah, devient permis si c’est pour honorer le défunt. Et s’il s’agit de l’argument selon lequel c’est une pratique empruntée aux Ismaélites, cela ne constitue pas une "coutume païenne" au point d’être interdite par "vous ne suivrez pas leurs lois", comme nous le disons dans le premier chapitre d’Avoda Zara (11a) : on brûle des objets pour les rois, et ce n’est pas interdit en raison des coutumes païennes (darké haEmori), et le Talmud explique que ce n’est pas une "coutume", mais un acte de respect. De même, on brûle la couche et les objets des présidents, même si les idolâtres font ainsi également, cela n’est pas interdit pour autant. Car si on adoptait une telle logique, il faudrait interdire même les oraisons funèbres, puisque les idolâtres en font aussi. Et même si la Tosefta dans Sanhédrin enseigne : de même qu’on brûle pour les rois, ainsi on brûle pour les présidents, mais pas pour les simples gens — le Ramban a expliqué la raison dans son livre : c’est parce qu’il y a là un risque d’arrogance ou de gaspillage. Et je t’ai déjà demandé plusieurs fois de ne pas t’attarder à modifier leurs coutumes en de telles choses si tu veux vivre avec eux en paix. De plus, ils ne l’accepteraient de personne. Et même dans un cas d’interdit avéré, nos Sages ont dit (Shabbat 148b) : "Il vaut mieux qu’ils soient fautifs involontaires que volontairement".