Penei Yehoshua on Berakhot Daf 43b
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בגמרא רב פפא בריך אהדס ברישא וכו' א"ל ולא סבר ליה מר וכו' א"ל הכי אמר רבא הלכה כב"ה ולא היא. ולכאורה כמו זר נחשב דר"פ הוציא דבר שקר מפיו לתלות בוקי סריקי ברבא במה שלא אמר מעולם ואם נאמר דר"פ לבתר דשמע דהלכה כדברי המכריע הדר ביה ומשום כיסופא אמר משמיה דרבא זה נראה יותר תימא כיון דר"פ בתרא הוי וקי"ל כוותיה אפילו לגבי רבא רביה א"כ הו"ל למיחש שיקבעו התלמידים הלכה לדורות אפילו הוי אמר משמיה דנפשיה כ"ש השתא דאמר משמיה דרבא והנלע"ד בענין זה דר"פ לא הדר ביה דנהי דהלכה פסוקה היא דקי"ל הלכה כדברי המכריע היינו היכא דפליגי תרי תנאי והמכריע אומר קצת כדברי זה וקצת כדברי זה דבכה"ג הוי הלכה כדברי המכריע משא"כ בהאי הכרעה דר"ג דהכא דאמר אני אכריע והיינו לגמרי כב"ש דלגבי ב"ה אינה משנה בלא"ה לא דמי כלל לשאר הכרעות לכל הפירושים שכתבו התוס' בסוף פ"ק דפסחים בד"ה אין דעת שלישית מכרעת ע"ש שכתבו להדיא דמה"ט גופא הוצרך רבי יוחנן לומר בהך מילתא דר"ג דהלכה כר"ג דלאו מטעמא דמכריע ממש אתינן עלה וא"כ לפ"ו שפיר מצינן למימר דר"פ פליג אדרבי יוחנן בהא דכיון דבכה"ג לא קרינן הכרעה א"כ ממילא דהלכה כב"ה אפילו לגבי תנאי בתראי דפליגי עלייהו והיינו דאמר משמיה דרבא דהלכה כב"ה משום דשמעינן ליה בס"פ המפקיד גבי שליחות יד דפליגי ב"ש וב"ה ור"ע ופסק שמואל כר"ע ורבא אמר הלכה כב"ה ועיין מה שכתבתי בזה לעיל דף כ"ב דפליגי נמי ב"ש וב"ה ור"ע וקי"ל דהלכה כב"ה והבאתי שם כמה ראיות מכמה דוכתי שפסק הרמב"ם כב"ה לגבי ר"ע והיינו מהאי ראיה דרבא דס"פ המפקיד וא"כ אפשר דהא דמסיק סתמא דתלמודא ולא היא לזה הענין עצמו נתכוין דבאמת לא אמר רבא דבר זה בהאי מילתא גופא דשמן והדס אלא מכללא מסיק לה ר"פ דהכי אמר רבא בעלמא דהלכה כב"ה אלא דלאשתמוטי נפשיה דאפשר שאם יאמר דמכללא שמיע ליה לא ליקבלו מיניה כיון דרבי יוחנן פסק להדיא בהאי דהלכה כר"ג מש"ה אמר דבפירוש שמיע ליה מרבא הך מילתא גופא כיון דלקושטא דמילתא ר"פ נמי הכי ס"ל בהאי דשמן והדס דהכא כן נראה לי ובזה יש ליישב פסק דרב אלפס שהביאו התוס' אפילו לפי גירסת הספרים שלנו ודו"ק:
Dans la Guemara, Rav Papa a d’abord récité la bénédiction sur le myrte, etc. On lui dit : "Maître, ne pense-t-il pas que... ?", il répondit : "Ainsi a dit Rava : la halakha est comme Beit Hillel." Et [la Guemara ajoute :] « mais ce n’est pas vrai » (c’est-à-dire : Rava n’a jamais dit cela explicitement). À première vue, cela semble extrêmement problématique : Rav Papa serait considéré comme ayant proféré une fausseté, attribuant à Rava des propos qu’il n’a jamais tenus — c’est comme un homme qui dit un mensonge au nom d’un maître ! Et si l’on veut dire que Rav Papa, après avoir entendu que la halakha était selon celui qui tranche (c’est-à-dire Rabban Gamliel), a changé d’avis, mais que, par gêne, il a attribué son opinion à Rava — cela semble encore plus étonnant. Car puisque Rav Papa est l’ultime (dernier) parmi eux, et que la halakha suit toujours l’avis du dernier même face à son maître (et ici Rav Papa est postérieur à Rava, son maître), il aurait dû craindre que les élèves fixent la halakha pour les générations à venir selon ses paroles. A fortiori maintenant, où il a attribué cela à Rava ! Et ce qu’il me semble, en toute humilité, sur cette question, c’est que Rav Papa n’a pas changé d’avis. Car certes, il est vrai que la halakha tranchée est que l’on suit l’avis du "médiateur" (makhri’a), mais cela n’est vrai que lorsque deux Tannaïm sont en désaccord, et que le troisième tranche un peu comme l’un, un peu comme l’autre — dans ce cas-là, la règle est que la halakha suit le médiateur. Mais dans notre cas, cette "tranchée" de Rabban Gamliel, qui dit "je vais trancher", penche entièrement vers l’avis de Beit Shammaï (car pour Beit Hillel ce n’est même pas une Mishnah), et cela n’a donc rien à voir avec les autres formes de hachra’a (tranchements partagés) comme expliquées par les Tossafot à la fin du premier chapitre de Pessaḥim, dans le commentaire « אין דעת שלישית מכרעת », où ils précisent justement que pour ce cas-ci, Rabbi Yoḥanan a eu besoin de dire expressément que la halakha est comme Rabban Gamliel, car ce n’est pas vraiment une hachra’a dans le sens classique. Donc selon cela, on peut très bien dire que Rav Papa est en désaccord avec Rabbi Yoḥanan. Car dans un cas comme celui-ci, on n’appelle pas cela une "tranchée", et par conséquent, la halakha reste comme Beit Hillel, même face à des Tannaïm postérieurs qui s’y opposent. Et c’est pourquoi Rav Papa dit au nom de Rava que la halakha est comme Beit Hillel. Car on voit en effet à la fin du chapitre HaMafkid (Bava Metzia 43b) — à propos d’un cas de שליחות יד — qu’il y a un débat entre Beit Shammaï, Beit Hillel, et Rabbi Akiva. Et là-bas, Shemouel tranche comme Rabbi Akiva, et Rava dit que la halakha est comme Beit Hillel. Voyez aussi ce que j’ai écrit plus haut, page 22, où Beit Shammaï, Beit Hillel, et Rabbi Akiva sont aussi en désaccord, et la halakha est tranchée comme Beit Hillel. J’y ai aussi apporté plusieurs preuves de divers endroits montrant que le Rambam tranche comme Beit Hillel même face à Rabbi Akiva, et c’est basé sur cette preuve venant de Rava à la fin du chapitre HaMafkid. Ainsi, il se peut que la conclusion du Talmud "mais ce n’est pas vrai" vise précisément ce point : Rava n’a pas dit explicitement cela dans le cas spécifique de l’huile et du myrte. Mais Rav Papa en a déduit implicitement que Rava aurait dit cela ici aussi, car de manière générale, il tient que la halakha est comme Beit Hillel. Mais, voulant éviter qu’on ne rejette ses propos sous prétexte que Rabbi Yoḥanan a tranché explicitement en faveur de Rabban Gamliel, il a dit que Rava l’avait dit expressément dans ce cas-là. Car au fond, Rav Papa pense effectivement que dans le cas de l’huile et du myrte, la halakha est comme Beit Hillel. C’est ainsi que cela me paraît. Et cela permet aussi de justifier la position du Rif, que les Tossafot ont mentionnée, même selon notre version des textes. Médite cela bien.