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Shulchan Arukh, Yoreh De'ah Siman 174

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דין המוכר לחבירו על מנת להחזיר. ובו ח' סעיפים

מכר שדה לחבירו ואמר לו לכשיהיו לי מעות תחזיר לי קרקע לא קנה וכל הפירות שאכל רבית קצוצה הוא ומוציאין אותם בדיינים: הגה ואפילו לא התנה כך אלא שהמנהג כן בעיר שכל מי שקונה צריך להחזיר כשיהיו למוכר מעות דכל המוכר אדעתא דמנהגא מוכר ואסור ללוקח לאכול הפירות (ב"י בשם תשובת הרשב"א): אבל אם אמר לו הלוקח מדעתו כשיהי' לך מעות אחזיר לך הקרקע אינו תנאי והמקח קיים מיד לפיכך הלוקח אוכל פירות ואם כשאמר כן הלוקח חלטו ממנו המוכר וחזקו הרי הוא תנאי אבל כל שעשאו הלוקח ואפילו בתוך המכר ושתק המוכר ולא חזקו אין זה תנאי אלא כפטומי מילי והמכר מכר הואיל שלא עשאו המוכר שהיה לו לעשותו: הגה וכן אם מכר לו קרקע מעכשיו והמתין לו המעות הלוקח מותר לאכול הפירות והמוכר אסור דבשכר המתנת מעותיו קא אכיל (טור):

Translation v.1

De la vente d’un champ sous la condition que l’acheteur pourra rendre l’immeuble au vendeur quand il le voudra Quand une personne vend son champ à une autre, sous la condition que celle-ci lui rendra son bien, lorsque l’ancien propriétaire lui remettra la somme versée, alors les fruits produits par le champ, et dont a profité l’acheteur, sont regardés comme un intérêt direct; et au moment de rendre l’argent, l’ancien propriétaire du champ peut réclamer, par la voie judiciaire, le prix des fruits dont l’autre a profité. GLOSE: Si les deux intéressés n’ont pas fait de conditions lors de la vente du champ, et s’il est d'usage dans le pays de rendre l'immeuble à son premier propriétaire, quand celui-ci remet l'argent avancé, l’acheteur est censé connaître cette coutume, et ne doit pas profiter des produits du champ, pendant qu’il l'a en sa possession. Il ne s’agit ici que du cas où c’était le vendeur qui posait la condition; mais quand c’est l’acheteur qui dit lui-même au propriétaire qu'il voudra bien lui rendre le champ lorsque l’autre sera en état de le payer, la vente est considérée comme réelle, et le nouveau propriétaire peut profiter des fruits du champ. Toutefois, si au moment de la promesse, le premier propriétaire, ne laissant pas achever l’acheteur, pose lui-même la condition, on rentre dans le premier cas. Si l’acheteur dit son intention de rendre plus tard le champ et si le propriétaire ne répond pas, on est ramené au second cas. GLOSE: Quand un propriétaire vend un champ au comptant, puis est obligé d’en attendre le paiement, l’acheteur peut profiter des produits de l’immeuble, avant de le rembourser, et non pas le vendeur; car celui-ci semblerait jouir des fruits du champ païce que son client ne peut le payer de suite.

מכר לו שדה במנה ובאותו יום עשה לו שטר שאם יחזיר לו מעותיו יחזיר לו שטר המכר אם נעשה תנאי זה קודם המכר או בשעת המכר אין לו דין מכר אלא דין הלואה והלוקח חייב להחזיר כל מה שאכל אבל אם נעשה לאחר המקח אפילו שעה אחת הרי זה מכר גמור ואפילו עשה לו שטר ע"ז בקנין ובכל מיני חיזוקים חסד הוא שרוצה להתחסד עמו ולהחזיר לו מקחו (תשובת הרשב"א הג"א בשם ר"ח וב"י בח"ה סי' ר"ז סי"א לדעת הרמב"ם):

Translation v.1

Quand, vendant son champ, le vendeur fait un contrat avec l’acheteur, par lequel celui-ci s’engage à rendre l’immeuble lorsque le vendeur pourra le racheter, il y a plusieurs cas à considérer: 1° si le vendeur a posé sa condition avant la vente ou pendant la vente, le champ n’est pas regardé comme vendu, mais comme mis en gage contre la somme que reçoit le propriétaire, et celui-ci est en droit de réclamer à son créancier la valeur des produits du champ dont il a profité pendant qu’il l'avait en sa possession. 2° Si la vente faite, le vendeur pose sa condition de pouvoir reprendre le champ, la vente est regardée comme réelle, et l’acheteur a tous les droits sur les fruits.

האומר לחבירו קנה לי שדה מפלוני ואמר המוכר לשליח אני מוכר לך על תנאי שיחזירנו לי כשיהיו לי מעות והשיב השליח אתה והלוקח חברים בטוב תתפשרו אינו מוכר אלא על זה התנאי וצריך להחזירה ומוציאים ממנו פירות שאכל (ועיין בח"ה סימן ר"ז איזה תנאי מבטל מקח):

Translation v.1

Si une personne demande à un intermédiaire d'acheter pour elle un champ à un propriétaire, et si le propriétaire dit à l'intermédiaire qu’il vend son champ, à la condition de le rendre lorsqu'il pourra en rendre le prix à l’acheteur, alors: si l'intermédiaire répond que, les deux intéressés se connaissant, ils n’auront qu’à s’entendre là-dessus, le champ n’est pas regardé comme vendu, mais comme mis en gage; et l’acheteur ne peut profiter de ses produits. (Voir Code pénal, § 207, quelles conditions peuvent annuler la vente, et si le vendeur peut poursuivre l’acheteur en justice en cas de fait accompli.)

מכר לו שדה ונתן לו מקצת אם אמר ליה מוכר ללוקח קנה כשיעור מעותיך כל אחד מהם אוכל פירות כשיעור מעותיו:

Translation v.1

Un cultivateur, ayant acheté un champ, ne peut en payer qu’une partie; alors si le vendeur lui dit: «Achetez en attendant une partie du terrain qui vaut la somme que vous donnez», ils peuvent tous deux profiter de l’immeuble; l’acheteur profite de la partie qu’il a achetée et payée, le vendeur du restant.

אם אמר המוכר ללוקח לכשתביא שאר המעו' תקנה מעכשיו שניהם אסורים לאכול הפירות אלא מניחים אותם ביד שליש אם יביא שאר המעות יתנם ללוקח ואם לא יביא יחזירם למוכר והוא יחזיר המעות שקבל ואם יאמר הלוקח אוכלם ואם לא יגמר המקח כשיבוא המוכר להחזיר לי מעותי אנכה דמי הפירות מותר וה"ה אם המוכר אומר כן: הגה ודוקא שאמר אנכה לך מן הדמים אבל אם אמר אשלם לך הפירות שאכלתי אסור דסוף סוף רבית קא נוטל אלא שחוזר ומשלם לו (טור):

Translation v.1

Si le vendeur d’un champ dit à l’acheteur, qui ne lui a payé qu’une partie du prix de l’immeuble: «Promettez-moi d'apporter le reste de l'argent que vaut le terrain, et le champ entier sera à vous dès maintenant», ils ne pourront ni l’un ni l’autre profiter de l’immeuble, et les produits devront être portés chez une tierce personne. Alors, si l'acheteur paie toute la somme qu’il doit, les produits du champ lui sont acquis; s’il ne remet pas l’argent qu’il doit encore, les fruits sont donnés au vendeur qui, à son tour, doit remettre à l’acheteur la somme incomplète que celui-ci avait versée au moment de la vente. Si, au moment de la vente, l’acheteur, en ne donnant qu’une partie de la somme due, dit au vendeur: «Je profiterai des produits du champ, mais si plus tard la vente est annulée ou ne se fait pas, vous me déduirez le prix des fruits dont j'aurai profité», il lui est permis d’agir comme il l’a proposé. Il en est de même si le vendeur dit à l’acheteur: «Je profiterai des produits du champ et, si le marché se fait, je vous déduirai la valeur de ces produits de ce que vous me devez encore». GLOSE: Il ne s’agit ici que du cas où le vendeur dit qu’il déduira la valeur de ses profits de la somme qui lui est due; mais s’il dit qu’il remboursera, il lui est interdit de prendre les fruits du champ, car cela reviendrait à prendre un intérêt d’une dette, et à rendre cet intérêt au moment de l’acquittement de la dette.

אמר ליה המוכר כשתביא שאר המעות קנה ולא אמר מעכשיו המוכר אוכל פירות עד שיביא הלוקח ואם אכל הלוקח מוציאין ממנו:

Translation v.1

Si le vendeur d’un champ a dit à l'acheteur, qui ne lui paie qu’une partie de la somme: «Dès que vous m’aurez remboursé entièrement, l'immeuble sera à vous», mais s’il n’a pas dit: «à partir d’à présent», alors le vendeur peut profiter des fruits du champ jusqu’au moment du paiement; si c’est l’acheteur qui jouit des produits, il doit en rembourser la valeur au propriétaire.

זבין ולא אצטריכו ליה זוזי דאמרינן דהדרי זביני וכן בזבין ארעא אדעת' למיסק לארעא דישראל ולא סליק או לא איתדר ליה הדרי זביני א"א ללוקח למיכל פירות אפי' בתנאי עד דידע דליקום זביני:

Translation v.1

Si un propriétaire vend un immeuble, pour avoir de l’argent dont il n’a ensuite plus besoin, ou bien s’il vend l'immeuble pour pouvoir aller en Palestine, et si ensuite il ne peut ou ne veut plus y aller, la vente est regardée comme nulle, et l’acheteur ne peut pas profiter des produits du terrain, jusqu’à ce qu’on ait prouvé que la vente est une vente réelle et qu’il n’y a rien pour l’annuler.

השוכר מחבירו בית או שדה בדבר מועט בשנה והקדים לו שכר עשרים שנה והתנו שאחר שנה או שנתים אם ירצה המשכיר להחזיר לו ינכה שכר הזמן שהיה הקרקע תחת ידו כמו שפסקו ויחזיר לו קרקעו מותר ובדרך זה יהיה אחריות קרקע מנפילה או שריפה על בעל הקרקע:

Translation v.1

Quand une personne loue une maison ou un champ pour un prix modéré, et avance au propriétaire vingt années de loyer, il est permis à celui-ci de faire le contrat suivant avec son locataire: «Si au bout de deux ans, par exemple, le propriétaire peut rembourser le loyer versé, déduction faite du temps pendant lequel le locataire a occupé la maison ou le champ, il reprendra la maison ou le champ. La responsabilité de l’immeuble incombe au propriétaire.»

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