Shulchan Arukh, Yoreh De'ah Siman 208
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סתם נדרים להחמיר כיצד אמר פירות אלו כבשר מליח או כיין נסך שיש במשמעו מליח של קדשים או יין נסך לשמים שהוא נדר שהרי הוא מתפיס בדבר הנדור ויש עוד במשמע בשר מליח ויין נסך לעבודת כוכבים שאינו נדר שהרי הוא מתפיס בדבר האסור אנו תולין אותו להחמיר ואם הוא אומר שדעתו כבשר מליח ויין נסך של עבודת כוכבים נאמן ואין צריך שאלה ואפי' הוא עם הארץ ואם רוב אנשי המקום קורים לבשר מליח של קדשים בשר מליח סתם וליין נסך לשמים יין [נסך] סתם אינו נאמן:
Du vœu équivoque et du vœu dans lequel on fait entrer le mot חרם (hérem) Il faut se montrer très sévère, lorsqu’il s’agit d’un vœu dont le sens est équivoque. Par exemple, si un homme dit: «Que ces fruits soient pour moi comme la viande salée, ou: comme le vin des libations», on peut comprendre: «Que ces fruits soient pour moi comme la viande des sacrifices offerts au Temple», ou: comme le vin versé en libation, au Temple»; le vœu dans ce cas aurait de la valeur, puisque les fruits ont été assimilés à des choses sacrées. Mais on pourrait également comprendre: «Que ces fruits soient pour moi comme la viande salée ou le vin offerts aux idoles», et le vœu serait alors nul, puisque celui qui l’a prononcé assimilait les fruits à des objets défendus par leur nature même.¹ Les deux versions étant plausibles, on n’admet que la première, à moins que celui qui a prononcé le vœu ne déclare avoir pensé, en le formulant, à la viande et au vin destinés aux idoles; on le croit alors sur parole et son vœu est nul, sans qu’il ait besoin, même si c’est un ignorant, du secours d’un rabbin.² Dans les pays où l’on a coutume de désigner sous les noms de viande salée et de vin de libation uniquement ce qui était offert au Temple, si celui qui a prononcé le vœu dit qu’il pensait aux offrandes faites aux idoles, on n’ajoutera pas foi à son dire, et il lui faudra remplir son vœu.³
footnotes: ¹ Voir § 205. ² Le plus souvent on fait un vœu pour accomplir une bonne œuvre, donc dans de bonnes intentions. C’est pourquoi l’on croit la personne, quand elle dit avoir pensé au vin ou aux sacrifices offerts aux idoles. ³ Cette mesure a pour but de rendre l’annulation d’un vœu très difficile et d’empêcher ainsi l’abus des vœux, plutôt qu’elle ne répond à la crainte d’une duperie.
נדר בחרם ואמר לא נדרתי אלא בחרמו של ים (פי' רשת שצדין בה דגים בים) בקרבן ואמר לא נדרתי אלא בקרבנות מלכים הרי עצמי קרבן ואמר לא נדרתי אלא בעצם שהנחתי להיות נודר בו קונם אשתי נהנית לי ואמר לא נדרתי אלא מאשתי הראשונה שגרשתי אם הוא תלמיד חכם נאמן ואינו צריך התרה ואם הוא עם הארץ צריך שאלה שלא ינהגו קלות ראש בנדרים ומיהו בחרטה סגי וא"צ לפתוח לו פתח ואם עבר על הנדר אין קונסין אותו לנהוג איסור כימים שעבר על הנדר ונהג בהם היתר אבל הנודר נדר גמור דאורייתא ועבר עליו (במזיד) קונסין אותו ואין מתירין לו אלא א"כ ינהוג איסור כימים שעבר עליו ונהג בו היתר ואם יש מכשול בדבר כגון שנדר בדבר שאינו יכול ליזהר בו כגון שאסר עליו כל הפירות שבעולם חוץ מדגן ועבר עליו מתירין לו מיד ואין קונסין אותו לנהוג איסור כימים שעבר עליו כדי שלא יבא לידי מכשול ויש מי שאומר שמ"מ יש להחמיר עליו שלא להתירו בחרטה אלא בפתח ומזה נלמוד למי שאסר על עצמו בשר ויין אם יעבור עבירה פלונית ועבר עליה ולא נזהר מבשר ויין ובא להתיר נדרו שמתירין לו מיד ואינו צריך לנהוג איסור כימים שנהג בהם היתר כיון שיש חשש מכשול בדבר: הגה מיהו אם נראה לחכם שיוכל לעמוד על עצמו ולא יעבור עוד אין מתירים לו עד שינהוג איסור כימים שנהג בהן היתר (מרדכי ריש שבועות שתים ובתשובת הרמב"ן סי' רכ"ה):
Quand un homme, après avoir dit: «Je fais vœu que ces objets me soient hérem» (hérem a à la fois le sens de «consacré» et celui de «filet pour la pêche»), déclare qu’en formulant son vœu il pensait au filet; ou s’il dit: «Que cet objet me soit sacré comme ce qui est offert en sacrifice», et déclare ensuite qu’il pensait aux offrandes faites au monarque¹; ou encore s’il dit: «Que je sois comme l’holocauste», et déclare ensuite avoir pensé seulement à l’os de l’holocauste, son vœu est nul. S’il fait vœu que sa femme lui soit sacrée, et dit ensuite avoir pensé à sa première femme, avec laquelle il a divorcé, ce vœu est de même annulé. Il est annulé sans le secours d’un rabbin, quand il a été prononcé et interprété par un talmudiste, car on a confiance en un talmudiste.² Si c’est un ignorant qui a prononcé le vœu, il doit avoir recours à un rabbin; on veut ainsi éviter que les vœux ne soient traités à la légère.³ Si l’ignorant dit au rabbin qu’il regrette son vœu équivoque, cela suffit pour annuler ce vœu. Quand un ignorant a fait un vœu, n’en a pas rempli les clauses, puis est venu quelques jours après en faire part au rabbin, celui-ci ne doit pas le punir en lui faisant observer ce vœu pendant un nombre de jours égal au nombre des jours écoulés, lorsqu’il s’agit d’un vœu équivoque. Mais si le vœu n’est pas équivoque, s’il vise bien une chose interdite par la Torah, celui qui l’a formulé et ne l’a pas observé doit être puni par l’obligation d’en remplir les clauses, pendant un temps égal au temps écoulé entre le jour où il a prononcé son vœu et celui où il en a fait part au rabbin. Quand un homme a fait un vœu presque impossible à tenir, par exemple celui de ne manger aucun fruit de la terre en dehors du seigle, ne l’a pas observé et va s’en ouvrir au rabbin, celui-ci doit lui en faire remise entièrement et sans aucune punition, afin qu’il ne commette pas un plus grand péché en enfreignant son vœu. Un docteur déclare que le rabbin doit se montrer plus sévère, ne pas faire remise au coupable dès que celui-ci a dit regretter son vœu imprudent, mais chercher une disposition de loi qui puisse le libérer. D’après ces principes, on peut poser la règle suivante: Une personne a fait vœu de ne plus manger de viande, de ne plus boire de vin, si elle se rendait coupable d’un certain péché, et, n’ayant pas accompli son vœu, vient s’en ouvrir à un rabbin; celui-ci devra l’absoudre, sans lui imposer l’abstinence pendant un temps égal à celui de la transgression, afin de lui éviter le péché d’enfreindre son vœu. GLOSE: Mais si le rabbin voit que celui qui se présente à lui est un homme vertueux, capable d’accomplir ce qui lui sera ordonné, il devra lui imposer comme châtiment de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, pendant un temps égal à celui de la transgression.
footnotes: ¹ Le sens du texte pourrait être également: «offrandes faites par le monarque». Il y a donc équivoque. ² On admet qu’un talmudiste ne fera pas ce qu’il sait être interdit. Il peut très bien avoir pensé à sa première femme, puisque, au temps où le Talmud a été écrit, on pouvait épouser à nouveau la femme qu’on avait répudiée et avoir ainsi deux femmes. Remarquons la différence entre le talmudiste et le rabbin. Le talmudiste est une personne qui a étudié le Talmud et qui exerce une profession quelconque, sans se livrer spécialement aux études sacrées. Le rabbin au contraire ne cesse pas d’étudier, il se consacre entièrement à l’étude de la Loi; ce qui ne veut pas dire qu’il ne puisse en même temps exercer une profession lui laissant beaucoup de loisirs pour l’étude. ³ On lit dans le traité Nedârîm (page 20, michenah): «Quand un ignorant prononce un vœu, ce vœu fût-il équivoque, il faut se montrer sévère et ne pas lui en faire remise trop facilement». C’est pourquoi l’ignorant doit toujours avoir recours au rabbin.
במה דברים אמורים שצריך לנהוג איסור כימים שנהג בהם היתר בימים מועטים אבל במרובים דיו ל' יום:
Si une personne n’a pas observé un vœu et est passible d’une peine, le rabbin devra lui faire remplir les clauses de son vœu pendant un temps égal à celui de la transgression, s’il s’agit d’un temps relativement court; mais si ce temps est long, la règle est de lui faire observer le vœu pendant trente jours.¹
footnotes: ¹ Certains docteurs, plus sévères, prétendent que l’on doit faire observer le vœu pendant un temps égal à celui de la transgression, quelle qu’en soit la durée; mais il vaut mieux adopter les mesures indulgentes de l’article 3, car une trop grande sévérité pourrait éloigner de la religion.
מי שעבר על נידוי אין צריך לנהוג איסור כימים שנהג בהם היתר מפני שנידוי הוא דרבנן:
Lorsqu’a été formulé le vœu suivant: «Que je sois méprisé et considéré comme un être impur, si je me rends coupable de tel péché», et que, ce péché commis, le vœu n’a pas été observé, — si le coupable en fait part quelque temps après à un rabbin, il ne doit pas être puni comme le voudrait l’article 3, parce qu’il s’agit ici d’un vœu interdit seulement par la loi rabbinique.¹
footnotes: ¹ Cet article paraît au premier abord en contradiction avec ce qui précède, puisque les prescriptions rabbiniques (Loi orale) sont sacrées pour l’Israélite. Mais cette sorte de vœux n’a très probablement pas été interdite par les Docteurs. On lit en effet, traité Nedârîm, page 7: «Rabbi Aqîbâ, qui seul a voulu se montrer sévère pour ce genre de vœux, a douté lui-même qu’il y ait là vœu.» Il y a donc doute rabbinique; comme la loi traditionnelle prescrit l’indulgence dans le cas de doute rabbinique, l’article 4 est en définitive exact quant à ce qu’il prescrit, sinon quant au motif qu’il donne à sa prescription.
נשבע שלא ישא אשה תוך ג' שנים ועבר ונשא אם אמר לשון שמשמעו שלא יעשה נישואין עמה הוה ליה כנשבע על הככר ואכלה דנשאל ומתירין לו אבל אם אמר לשון שמשמעו שלא תהיה אשתו אין מתירין לו עד שיגרשנה כימים שנהג בהם קלות ראש בנדרו. (וכבר נתבאר דבשלשים יום סגי) . (תשובת הרשב"א ותשובת הרמב"ן וריב"ש לענין הלכתא):
Quand un homme a prononcé un serment tel qu’on puisse comprendre qu’il ne se mariera pas avant trois ans, et qu’au mépris de ce serment il a contracté mariage, — s’il s’en excuse ensuite auprès d’un rabbin, celui-ci devra lui faire remise de sa faute; car le cas est identique à celui où l’on a fait vœu de ne pas manger de pain, par exemple, et où l’on en a mangé. Mais si, d’après la formule du serment, on comprend qu’il a juré de ne pas épouser une certaine femme avant trois ans, s’il n’a pas tenu sa parole et s’il va trouver un rabbin, après consommation du mariage, le rabbin devra lui donner comme punition de vivre séparé de sa femme, pendant un temps égal au temps écoulé depuis le vœu jusqu’au moment où il est venu dévoiler ce vœu au rabbin.¹ GLOSE: S’il a beaucoup tardé à dévoiler son vœu, il ne doit cependant pas être séparé de sa femme pendant plus de trente jours (V. art. 3).
footnotes: ¹ Dans le premier cas le vœu était vague, l’homme jurait de ne pas se marier; or, le mariage étant recommandé par le Pentateuque (Genèse, I, 28: Dieu les bénit et leur dit: «Croissez et multipliez et remplissez la terre»), le rabbin doit faire remise d’un tel serment. Le cas est plus délicat quand le serment désignait nominativement la femme; car le vœu porte alors à la fois sur celui qui le prononce et sur la femme visée. Mais là encore le rabbin agira avec modération, en raison des paroles de la Genèse que nous venons de citer.