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Shulchan Arukh, Yoreh De'ah Siman 218

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כיצד הולכין אחר כוונת הנודר. ובו ו' סעיפים

כל הנודר או נשבע רואין דברים שבגללן נשבע או נדר ולומדים מהם לאיזה נתכוין והולכין אחר הענין ולא אחר משמעות הדיבור כיצד היה טעון משא של צמר או פשתים והזיע והיה ריחו קשה ונשבע או נדר שלא יעלה עליו צמר או פשתים לעולם הרי זה מותר ללבוש בגדי צמר או פשתים ולהתכסות ואינו אסור אלא להפשילן לאחוריו היה לבוש בגדי צמר ונצטער בלבישתו ונשבע או נדר שלא יעלה עליו צמר לעולם אסור ללבוש ומותר לטעון עליו ומותר להתכסות בגיזי צמר שלא נתכוין זה אלא לבגד צמר וכן כל כיוצא בזה: הגה וכל זה דוקא בנודר בינו לבין עצמו אבל בנודר לחבירו כל שלשון הנדר כולל הולכין אחריו אם לא באומדנא דמוכח (כך משמע בריב"ש ובהרמב"ן):

Translation v.1

Dans quels cas il faut, dans un vœu, considérer l’esprit et non la lettre Il ne faut pas juger d’un vœu ou d’un serment en prenant au pied de la lettre les mots qui ont été prononcés, mais il faut se pénétrer du sens que donnait à ces mots la pensée de celui qui les prononçait. Ainsi une personne, ployant sous un fardeau de laine ou de lin, fait le vœu, ou jure, de ne plus jamais porter de laine ou de lin; il lui sera alors interdit de se charger d’un fardeau de cette nature, mais il lui sera permis de porter un vêtement de laine ou de lin, ou de s’abriter dans une couverture.¹ De même si, vêtue de laine, une personne se trouve gênée par ses habits et fait le serment, ou prononce le vœu, de ne plus jamais porter de laine, les vêtements de laine lui seront défendus, mais il lui sera permis de porter un fardeau de laine et même de se couvrir avec une couverture en laine. GLOSE: Il ne s’agit que d’un vœu concernant la personne même qui l’a formulé; mais si dans le vœu est impliquée en même temps une autre personne, il faut prendre ce vœu au pied de la lettre, à moins que la personne ne puisse, à l’aide de preuves sérieuses, montrer quel était le sens réel de son vœu.²

footnotes: ¹ Il est en effet évident que la personne ne visait dans son vœu que le poids des fardeaux qu’elle portait, et il n’y a pas contradiction avec la règle, posée dans le paragraphe précédent, de s’en rapporter en matière de vœux aux paroles prononcées, et non à l’intention alléguée plus tard par la personne qui a formulé le vœu. C’est bien aux paroles prononcées qu’on s’en rapporte ici, ce sont elles qui dévoilent l’intention réelle de la personne. ² Cette glose est difficile à comprendre. J’ai fait des recherches dans le traité Nédârîm du Talmud et dans nombre de commentateurs, sans pouvoir trouver cette différenciation entre le vœu s’appliquant à la personne même qui le formule et le vœu s’appliquant à une autre personne. Voici peut-être quel est le genre de vœux visé ici par Réma: Une personne a fait vœu de donner une certaine somme à un établissement de Talmud Torah; elle apprend ensuite que, dans cet établissement, les élèves n’étudient pas, comme elle se le figurait, la langue hébraïque, la Torah et la Guemara, mais que l’enseignement y est nul; elle refuse alors de verser l’offrande promise par son vœu, et l’établissement intéressé réclame cette offrande, en se fondant sur les paroles du vœu prises au pied de la lettre. En présence d’un tel différend, Réma, arguant de ce que l’intention du donataire était évidemment de favoriser l’étude de la langue sacrée et du Talmud, exigerait que le représentant de l’établissement en question fît la preuve que les élèves de ce Talmud Torah étudient bien la langue hébraïque, le Torah et la Guemara. Le Hôchêne Michepâte donne une semblable solution dans un cas analogue, et telle aura été, croyons-nous, la pensée de l’auteur de notre glose.

מי שהעלילו עליו מפני שמכר יין לישמעאלים ומפני כך נשבע שלא יעשה יין למכור והיה לו יין עשוי מקודם אסור למכרו: הגה דאף על פי שקאמר שלא יעשה אזלינן בתר כוונתו (ב"י בשם רשב"ץ) וכל שכן קהל שעשו תקנה כיוצא בזה שאסורין למכור אפילו מה שהיה להם קודם לכן (סברת הרב ממשמעות רשב"ץ ולא כת"ה סימן רפ"א):

Translation v.1

Quand une personne, faussement accusée d’avoir vendu du vin aux musulmans, jure que, si elle fabrique du vin, ce ne sera pas pour le vendre, il lui est aussi défendu de vendre le vin qu’elle aurait fabriqué avant ce serment.¹ GLOSE: Bien que la personne ait juré de ne plus fabriquer de vin, on doit s’en rapporter à l’intention de son serment.² Il faut encore plus s’en rapporter à l’intention du serment, lorsqu’il s’agit d’une communauté ayant fait vœu de ne pas vendre un certain produit; il est défendu à cette communauté de vendre la quantité de ce produit qu’elle possédait avant de formuler son vœu.³

footnotes: ¹ Selon moi, le serment ne saurait avoir d’effet rétroactif: la personne a juré qu’elle ne fabriquera pas de vin dans le but de le vendre, elle n’a pas juré n'en avoir pas fabriqué dans ce but. ² On voit ici, malgré quelque obscurité, que Réma veut appuyer dans le sens de l’auteur du Yôrêh Dêâh: Bien que la personne ait juré de ne plus faire de vin pour le vendre, il lui interdit de vendre le vin déjà fabriqué, parce qu’elle a prononcé son serment dans la crainte d’être soupçonnée de vendre du vin aux musulmans, et que le même soupçon pourrait l’atteindre, si elle vendait du vin d’une fabrication antérieure au serment. Mais ici Réma n’est pas allé jusqu’à la source même de la jurisprudence. Dans les questions de vœux, il est de règle absolue de s’en tenir aux paroles même de la formule du vœu, et non pas de s’en rapporter à une intention que pourrait avoir eue la personne. Celle-ci a juré de ne pas vendre le vin qu’elle fabriquera? Eh bien, elle n’est tenue en droit qu’à ne plus vendre le vin qu’elle fabriquera à partir de ce jour; si elle craint que la vente du vin fabriqué antérieurement à ce jour ne la fasse soupçonner d'avoir vendu du vin aux musulmans, elle peut vendre ce vin dans une autre ville, où elle ne tombera pas sous pareil soupçon. Personne n’a le droit de lui faire subir la perte d’argent que veut lui imposer Réma. Il est bien évident d’autre part que le cas actuel n’a rien à voir avec celui de l’article 1er, où il s’agissait d’un vœu concernant la laine ou le lin. Alors les paroles ont été bien d’accord avec l’intention, si on savait les comprendre; ce n’est pas le cas ici, où elles n’ont qu’un sens, précis et unique, sans autre interprétation possible que ce qu’elles disent. ³ Le vœu d’une communauté ne peut pas être assimilé à celui d’un particulier. On comprend que l’interdiction de la vente puisse s’appliquer même aux quantités qui existaient avant le vœu: on veut ainsi rendre la défense plus formelle; sans cela les vendeurs pourraient toujours dire que les produits qu’ils vendent datent d’avant l’interdiction, ce qui ne peut arriver dans le cas du vœu d’un particulier. Encore n’est-il pas prouvé pour moi que cette règle elle-même soit exacte; car, dans le traité Houlîne, page 17, 1, on voit rabbi Jérémie bar Abba poser une question semblable et sa question demeurer sans réponse.

היו מפצירין בו לישא בת אחותו ואמר קונם שהיא נהנית לי לעולם וכן המגרש את אשתו ואמר קונם שהיא נהנית לי לעולם הרי אלו מותרות ליהנות לו שלא נתכוון אלא לשום אישות:

Translation v.1

On demande à un homme d’épouser la fille de sa sœur, et il répond: «Je fais le vœu qu’elle ne profite jamais de moi»; ou bien un homme répudie sa femme et prononce cette même formule: il est alors permis à ces femmes de profiter de ce qui peut leur être donné par l’homme qui a prononcé le vœu, car l’intention de cet homme ne visait que le mariage lui-même.

היה מפציר בחבירו שיאכל אצלו ומיאן ואמר קונם לביתך שאיני נכנס וטיפת צונן שאיני טועם מותר ליכנס לביתו ולשתות לו צונן שלא נתכוון אלא שלא יאכל וישתה עמו בסעודה זו וכן כל כיוצא בזה (מי שנדר צדקה או שאר נדר מחמת חולה ומת עיין לקמן סימן ר"כ):

Translation v.1

Lorsqu’une personne en invite une autre à manger chez elle et que cette dernière répond: «Je fais vœu de ne pas entrer dans ta maison, et de ne pas y goûter même à une boisson froide», il est permis à la personne invitée d’entrer dans la maison une autre fois et d’accepter une boisson froide; car on comprend que son intention était uniquement de s’interdire d’entrer et de dîner la fois où on l’invitait. GLOSE: Pour le cas d’une personne qui a fait vœu d’accomplir une bonne œuvre, ou qui a formulé tout autre vœu, parce qu’elle était gravement malade, et qui ensuite meurt, voir § 220, glose de l’article 15.

אמר לחבירו השאילני פרתך אמר ליה אינה פנויה אמר קונם שאיני חורש בה לעולם אם היה דרכו לחרוש שדהו בעצמו הוא אסור לחרוש באותו פרה אבל אחרים מותרין לחרוש לו בה ואם אין דרכו לחרוש בעצמו אלא אריסין חורשין לו הוא וכל אדם אסורין:

Translation v.1

Un cultivateur demande au propriétaire d’une vache de la lui prêter pour labourer sa terre, celui-ci refuse en disant que la vache est employée, et le cultivateur fait alors vœu de ne plus labourer son champ avec cette vache: si ce cultivateur a l’habitude de labourer lui-même, il lui sera interdit de se servir de l’animal personnellement, mais il pourra faire labourer son champ par d’autres, qui emploieront la vache; si au contraire il a l’habitude de faire labourer sa terre par d’autres, il lui sera défendu, soit de se servir lui-même de l’animal, soit de laisser des ouvriers s’en servir pour lui.¹

footnotes: ¹ En effet si le cultivateur laboure toujours en personne, le vœu qu’il a prononcé ne peut atteindre que sa personne. Il n’en est plus de même dans le cas contraire.

הסכמה שצוה לבטל השר מקצתה אין ההסכמה בטילה מפני צוויו: הגה קהל שהחרימו על א' שלא ידור עמהם ואח"כ רוצה לישב שם בחנות דנין כפי הענין שנדרו עליו אם לא כוונו רק על דירת קבע עם אשתו ובניו חנות שרי ואם לאו הכל אסור. (רמב"ן סימן רנ"ז):

Translation v.1

Quand une personne promet de ne pas obéir à un intendant, la promesse n’a aucune valeur, parce qu’elle ne peut annuler la décision qui a créé cet intendant. GLOSE: Lorsqu’une communauté a excommunié une personne et lui a interdit de demeurer dans son sein; si cette personne ensuite désire tenir boutique dans la communauté, il faut s’en référer aux motifs qui ont dicté l’exclusion: si l’on a seulement voulu interdire à la personne en question d’habiter dans la communauté avec femme et enfants, il sera permis à cette personne d’avoir le magasin qu’elle désire; sinon il lui faudra complètement abandonner la place.

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