Tosafot on Berakhot Daf 4b
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וקורא קריאת שמע ומתפלל - מכאן משמע שמשעה שהגיע זמן קריאת שמע של לילה שאין לו לאכול סעודה עד שיקרא ק"ש ויתפלל ערבית:
דאמר רבי יוחנן איזהו בן העוה"ב וכו' - ואנו שאומרים יראו עינינו ופסוקים אחרים אחר השכיבנו. נראה הואיל ותקינו להו רבנן ה"ל כגאולה אריכתא דתקינו לומר זה שבתוך כך יתפלל חבירו גם הוא ולא ילך מבהכ"נ עד שיגמור כל אחד תפלתו. וגם יש באותם פסוקים י"ח אזכרות כנגד י"ח ברכות דשמנה עשרה ואגב שתקנו לומר אותם פסוקים תקנו לומר חתימה של יראו עינינו. והלכה כר' יוחנן דברייתא מסייע ליה וכן פסק ה"ג. ואם כן יש ליזהר שלא לספר בין גאולה דערבית לשמנה עשרה. ומיהו בסדר רב עמרם פי' מה שאנו אומרים קדיש בין גאולה לתפלת ערבית לאשמעינן דלא בעינן מסמך גאולה דערבית לתפלה משום דתפלת ערבית רשות. ולא נהירא [דאם כן] ר' יוחנן סבירא ליה תפלת ערבית חובה דפלוגתא היא דרב ור' יוחנן והלכה כר' יוחנן. ונכון להחמיר ולהזהר מלספר בינתים ואי תימא קשיא הלכתא אהלכתא דקיימא לן תפלת ערבית רשות והכא פסקינן כרבי יוחנן צריך לומר דאפילו אי סובר רבי יוחנן כרב דאמר רשות היא מכל מקום מחייב לסמוך. אם כן גם לנו יש לסמוך:
« Rabbi Yoḥanan a dit : Qui est [digne] du monde futur, etc. » – Et nous, qui disons « Que nos yeux voient » (Yir’ou ‘Einénou) et d'autres versets après Hashkivénou (la deuxième bénédiction après le Shema‘ du soir), il semble que puisque les Sages ont institué ces versets, cela est considéré comme une forme allongée de la Gueoula (la bénédiction de la délivrance), qu’ils ont instituée pour que son camarade ait aussi le temps de prier et qu’il ne quitte pas la synagogue avant que chacun ait terminé sa prière. De plus, dans ces versets se trouvent dix-huit mentions du Nom divin, en correspondance avec les dix-huit bénédictions de la ‘Amida (la prière silencieuse), et c’est en raison de cette institution de dire ces versets qu’ils ont aussi institué de conclure avec la bénédiction de Yir’ou ‘Einénou. Et la loi suit Rabbi Yoḥanan, car une baraïta le soutient, et ainsi a tranché le Hilkhot Guedolot (Hagaonim). Si c’est ainsi, il faut faire attention à ne pas parler entre la Gueoula du soir et la ‘Amida. Cependant, dans l’ouvrage de Rav Amram (Siddour Rav ‘Amram Gaon), il est expliqué que si l’on dit le Kaddish entre la Gueoula et la prière du soir (‘Arvit), c’est pour nous enseigner qu’il n’est pas nécessaire de juxtaposer (semikha) la Gueoula du soir à la prière, car la prière du soir est facultative (reshout). Mais cela ne paraît pas correct : car si c’était le cas, Rabbi Yoḥanan devrait penser que la prière du soir est facultative, or c’est une controverse entre Rav et Rabbi Yoḥanan, et la loi est tranchée comme Rabbi Yoḥanan. Il est donc juste d’être rigoureux et de veiller à ne pas parler entre les deux. Et si tu veux dire que c’est difficile d’un point de vue juridique (hilkhata a-hilkhata) : d’un côté, la halakha est que la prière du soir est facultative, et ici on tranche comme Rabbi Yoḥanan (qui dit qu’il faut juxtaposer), il faut dire que même si Rabbi Yoḥanan pense comme Rav que c’est une prière facultative, malgré tout il oblige à juxtaposer la Gueoula à la prière. Si c’est ainsi, nous aussi devons faire la juxtaposition.